Passer à l'action et travailler...mais à quoi? Pour quoi? Et depuis quel endroit?
- lavoiedelecoute
- 27 mai
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Dernière mise à jour : 3 juin
Travailler, agir, être actif...Que veulent dire ces mots?
Nous avons appris à "agir" depuis notre volonté, parfois avec facilité et héritage éducatif, parfois par forcing social et violence idéologique, parfois en réponse à des blessures ou aux peurs du néant que nous croyions être, quand nous étions enfants ou adolescents.
Dans tous les cas, obéissant à des programmes subtils de soumission, de performance, à des croyances de manque et de pouvoir.
Qui est celui qui gagne, et celui qui perd?
Qui est celui qui ignore et celui qui sait?
Qui est celui qui donne et celui qui reçoit?
Qui est celui qui sauve et celui qui est sauvé?
Qui est celui qui est mieux que l'autre?
Ou qui croit échapper peut être un peu plus longtemps à la mort? A la perte, et à l'inconnu?
Est ce que c'est à ce monde là que nous voulons jouer?
Sommes-nous ce que nous faisons? Et qui sommes-nous sans ce que nous faisons?Respectons-nous notre rythme, nos élans, notre vérité intérieure, la justesse que nous souhaitons vivre? Elle est en tout cas bien plus mouvante et vivante que les exigences d'un métier, d'un poste à conserver ou à faire évoluer au milieu de mille compromis.
Bien plus libre qu'un empoi du temps tourné vers l'extérieur de nous.
Le travail est une valeur si forte et peut avoir tellement de significations qu'il vaut mieux préciser de quoi on parle. Aujourd'hui, le travail est LA valeur de notre société et comporte davantage d'injonctions et d'idéologies que la religion. Nous sommes définis par ce que nous faisons dans la société et par ce que nous gagnons. Nous avons intérêt, et sommes encouragés, dans la mesure du possible à agir positivement pour le monde, à l'améliorer, à le servir, et qui plus est, à faire ce que nous aimons, à nous épanouir! Alors voilà encore une autre injonction: travailler et s'épanouir, travailler et lâcher prise, travailler et se détendre. Très bien. Cela donne à la plupart des gens, qu'ils travaillent ou non, un stress continu lié à ce "travail" qui n'est jamais remis en question. "Du moment que tu fais quelque chose", que "tu te tournes vers les autres", du moment que "tu gagnes ta vie", que "tu as des projets".
Ceux qui ne travaillent pas sont tout autant concernés: ils sont (pas toujours mais souvent) grignotés, plus ou moins fortement, par la culpabilité et la justification, et il n'est pas rare que le stress et la pensée de leur place dans la société les hantent continuellement.
Ceux qui travaillent beaucoup, se soumettent avec bonne conscience à des rythmes qui ne permettent ni l'écoute ni le respect réel de leurs besoins essentiels.
Le monde continue d'aller vite, et de nier l'Esprit qui est mis de côté, ce qui rend malade toute la société. Et on est tous concernés, tous pris au piège, à différents niveaux.
Pour compenser: des vacances, des loisirs, une retraite longuement attendue, ou des stages de dévelopement personnel, de créativité, des bulles de spiritualité, flottant sur des illusions. Ou encore, du syphonage d'énergie avec les series, films, jeux, spectacles divertissement, comme compensation parfaite à notre fuite et notre vide existentiel.
Il ya une fracture de plus en plus grande entre la personnalité qui se force, se sacrifie ou fuit le contact avec son vide, et l'appel de l'Esprit, qui veut pénétrer notre vie de sa douceur, et agir puissamment vers le nouveau. Permettre le dérangement de ce qui est établi. L'appel de l'Esprit a le respect du corps, le calme et l'humilité comme socle, l'intériorité comme boussole. Et il lui faut du temps.
La plupart de ceux et celles qui se sont mis hors de ce qu'on appelle "le monde du travail", sont tout autant concernés, ils perçoivent des indémnités, des aides, et vivent un autre type de stress, sans jamais vraiment entendre et valider leur chemin propre, qui les appelle et les concerne intimement.
Cela n'est pas facile. Et ne l'est pour personne. Ce n'est la faute de personne.
C'est pourquoi il serait ridicule de juger quiquonque, y compris soi-même.
L'action juste est reliée à l'écoute et au silence, et demande de découvrir le petit sentier étroit, unique et singulier qui est le nôtre.
De nous tenir dans notre justesse, avec foi et détermination, parfois dans une absolue non-action extérieure, parfois dans des mouvements, actions et décisions toutes petites, ou plus grandes, qui coulent de notre source, et veulent devenir visibles.
Justesse, justice, cohérence, respect, authenticité, transparence, beauté, douceur, accueil, lucidité, éveil, audace, paix, liberté...
Des gardiens et des créateurs de paix et de liberté: voila ce qu'est le travail, notre job à tous.
La liberté, le questionnement de notre identité profonde, et la sortie réelle des normes est vertigineuse! C'est pourquoi les liens de "longueur d'onde" peuvent être précieux et facteur de réajustements, de soutien et de clarté sur le chemin.
Dans nos apprentissages et éducations, bien souvent, "passer à l'action" était associé à "se bouger", entreprendre des choses, entrer dans un projet, agir ou réagir à quelque chose, de manière visible, faire preuve de volonté, répondre aux attentes de communication, de productivité et de travail de la société. Ou les contrer de manière rebelle et volontaire.
Nous apprenions à bien travailler à l'école pour avoir un bon travail.
Ou à nous débrouiller seul et développer un mode guerrier, tendu et volontaire.
Ou enfin, au contraire, à refuser de prendre place, afin d'échapper au jugement et à l'angoisse de ces attentes, en nous mettant en mode "planque", "maladie", "chômage permanent" ou disponibilité sans but.
Que l'on soit "super actif" ou "super non-actif", extérieurement parlant, nous sommes tous et toutes invitées à nous affranchir de ces conditionnements et programmes, de ces interdits d'être et de faire ce que nous sommes et aimons... et à entrer en contact avec la vérité et l'action qui émane de notre intériorité...
Donc à revenir humblement et courageusement à l'écoute. Et à ce que nous savons pas.
Nous sommes pétris, pétris, pétris de ces croyances et fausses identitiés.
Grace à notre malaise, nous sommes poussés à nous libérer de nos croyances de mérite, de survie, de petitesse, de danger, de manque, et de séparation de la Source réelle de vie.
Poussés à chercher le ressenti du socle et de la vraie sécurité intérieure, derrière l'hypnose de nos peurs.
Non pas la sécurité qui semble venir des formations, des performances, des réussites ou même des soit-disant échecs ou évitements, non, juste celle qui nous calme et nous libère, "sans force et sans pouvoir".
Le contact avec nous-mêmes, avec la petite voix qui oeuvre et nous guide dans notre vraie créativité. Celle que l'on ne connait pas d'avance. Celle que l'on est invité à écouter, à découvrir, et à suivre. Notre petite voix vers notre propre voie.
Celle que personne d'autre que notre propre Esprit peut nous enseigner.
Il ne s'agit donc pas là d'être "actif" ou "non actif", d'être en vacances ou au travail, de travailler peu ou beaucoup. De faire de la relaxation ou de ne pas en faire.
Il s'agit de faire ce que nous faisons à partir d'un endroit d'écoute. D'aller vers ce que nous aimons, (pas vers les images de ce que nous aimons), quelle que soit l'action ou la non action apparente, depuis le contact intérieur et l'alliance avec la dimension invisible de notre être. Celle qui baigne dans le silence.
Et d'apprendre à agir depuis un endroit connecté, un endroit de conscience et de présence, un endroit calme et décisionnel.
Un endroit qui se reconnaît souverain, qui s'accompagne dans sa libération, qui écoute et qui expérimente.
Un endroit qui se sait soutenu et protégé par cette relation intime avec le "dedans créateur".
Un espace qui se voit, et qui est enseigné du dedans, à voir le réel et à le découvrir.




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